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vendredi 8 février 2013

Jeu de jupes



C'est une nouvelle qui met le petit monde du handball féminin en émoi. Les présidents des clubs réfléchissent à imposer aux joueuses le port de la jupe sur les terrains. "C'est seulement une piste de réflexion. Nous devons réfléchir aux moyens d'améliorer la visibilité du handball féminin. S'il est prouvé que le port de la jupe peut être bénéfique, je pense qu'une majorité peut se dégager pour cela",explique Jean-Marie Sifre, qui dirige l'Union des présidents de club de la Ligue féminine. Le projet, sitôt connu, a trouvé ses contempteurs. La joueuse de Dijon Lea Terzi juge que cette idée "rabaisse les joueuses à leur physique". Dans un post publié sur le site nouvelobs.com, la journaliste Fabienne Broucaret et la sociologue Béatrice Barbusse, ex-dirigeante du club de handball (masculin) de l'US Ivry, appellent à ne "pas céder aux sirènes du marketing" et "aux arguments sexistes d'un autre temps".

L'idée, de fait, n'est pas neuve. Le Metz HB, actuellement en tête du championnat de France, a franchi le pas voici deux ans. D'autres sports s'y sont déjà essayés. La Fédération internationale de badminton a rendu la jupe obligatoire en 2011 avant de devoir reculer face aux protestations. Une décision qui s'appuyait sur une étude du cabinet de marketing Octagon, qui concluait à l'importance, dans l'équation commerciale gagnante du tennis féminin, de la fameuse jupette. Les patrons du badminton avaient cependant oublié que le port de la jupe sur les courts est coutumier, mais pas obligatoire. En 2007, la Française Tatiana Golovin avait fait scandale en portant un short rouge, sous sa jupette, à Wimbledon. Mais l'année suivante, la Russe Maria Sharapova n'avait pas hésité à enfoncer le clou en venant sur le Central avec un simple short blanc. Les dirigeants du handball féminin ont-ils retenu la leçon ? "Il n'est pas question de rendre la jupe obligatoire. C'est impossible juridiquement. Mais si tous les présidents de clubs équipent leurs joueuses de jupes, il peut y avoir un championnat en jupe", précise benoîtement Jean-Marie Sifre. Il n'est pas question, pour l'heure, d'imposer le kilt aux garçons.


Par Pierre Jaxel-Truer - M le magazine du Monde | 

mercredi 18 janvier 2012

Se sentir fille... en jupe

LES JUPES QUI TOURNENT...
(... font - elles tourner la tête des garçons?)



Le soleil se lève, moi aussi je me réveille, et alors je réalise, merveilleux, c’est l’été. Vous avez dû vous aussi faire cette découverte fabuleuse, qu’est profiter de la vie : l’été, les copains, la fête et tout le tralala. Quand vient l’été on a envie de vivre, et plus encore lorsque l’on est dans l’attente de résultats d’exams, ou bien déjà en vacances et alors on veut fêter tout ce bonheur, ou encore noyer de mauvais résultats dans l’ivresse de la fête.

Mais quand vient l’été se pose aussi une question cruciale (enfin pour les filles du moins) : comment est – ce que je vais m’habiller ? Certes vous avez dû remarquer que pour les mec, ou du moins une grande majorité d’entre eux, leur façon de s’habiller de change pas énormément selon les saisons. Mais pour les filles, toutes coquettes que nous sommes, c’est une autre histoire. Avec l’été s’ouvrent à nous de multiples possibilités. Il y a les robes, les débardeurs, les tuniques, les pantalons en lin, les pantacourts, les bikini, et… les jupes.


Invention fabuleuse qu’est la jupe. Pour ma part je crois en avoir toujours porté. Refusant obstinément de porter des shorts (je suis toujours aussi obstinée et je n’en porte toujours pas, et puis le mot même est laid « short ») il a bien fallu un substitut qui préserve ma condition féminine. Un short ne peut que laisser présager des chats perchés qui écorchent les jambes, une carrure de garçon, des randonnées en plein soleil, bref avec les shorts on se fait avoir, on n’est plus une vraie fille. Alors que les jupes…






Au départ il s’agit pourtant d’un vêtement aussi masculin, avec les pagnes puis plus tard le kilt. Mais il est désormais devenu l’apanage, et le privilège des filles. Paule je sais que tu rêves devant robes et jupes de créateurs, et sans aller jusque là, on peut passer des heures à chercher « la » jupe idéale, comme si notre vie en dépendait. Parfois les jupes, c’est comme la drogue, cela fascine mais l’on n’ose pas avouer qu’on en a (et pire ! qu’on en porte !) Et la jupe ne s’est pas toujours autorisée à être courte. Un vrai scandale que les collections de Dior qui ont osé dévoiler les jambes. Et c’était il y a à peine cinquante ans…


Certaines vous diraient que pour rien au monde elles n’en porteraient : elles n’aiment pas leurs jambes ou alors cela fait, justement, trop « fille ». Certes on a toutes eu nos passades « pas de jupes, seulement des pantalons ». Et puis une jupe c’est compliqué : il faut être épilée, mettre ses complexes à propos de ses mollets de côté.  Mais le mythe reste. Quel plaisir lorsqu’il fait chaud, de pouvoir en toute impunité profiter du moindre rayon de soleil sur nos gambettes ou, encore mieux, du petit vent d’été !





Et avec une jupe on se sent une vraie fille, on se sent séduisante. On peut aussi se sentir redevenir une petite fille. En ce moment fleurissent partout des jupons, des mini – jupes, bref partout, sur les filles comme dans les magasins, sur les podiums et dans les magazines, partout, des jupes ! Et particulièrement, partout, des jupes qui tournent. Merveilleux.

Et me voilà, à bientôt dix–huit ans, à répéter à ma Maman que je veux une jupe, mais pas n’importe quoi, une jupe qui tourne. Et alors on se sent petite fille, comme lorsque dans la cour de récré de l’école maternelle les garçons nous couraient après pour regarder sous nos jupes. Et invariablement ils finissaient au coin, et nous on pouvait chouiner en tout impunité parce que, en piaillant « Madaaame il a regardé ma culotte ! » on s’était rétamées en mettant la sandale dans l’ourlet de ladite jupe.






Car d’ailleurs, ce qui nous plaît tant dans les jupes, n’est - ce pas que, justement, les garçons aient envie de regarder en dessous ? N’est - ce pas que, bien plus que le jean qui, dévoilant toutes les formes, ne laisse plus rien à suggérer, la jupe elle laisse courir l’imagination ? J’ignore d’ailleurs si les garçons préfèrent les jupes, mais rien que pour le bonheur des jupes qui tournent, vive l’été !

Nathalie, 18 ans




mardi 10 janvier 2012

"Journée de la jupe"

Un lycée lance une "Journée de la jupe" pour lutter contre les préjugés


Un lycée rural vient de lancer en Bretagne la "Journée de la jupe" pour soutenir les jeunes filles qui n'en portent pas par crainte de remarques déplacées de la part des garçons ou des autres adolescentes, et lutter ainsi contre les préjugés.


"Se mettre en jupe, c'était un défi à relever. Il y a les remarques négatives, les sifflets, les regards qui font mal, voire les insultes", raconte Tifenn, une élève de la classe de 1ère à l'origine de cette initiative.


La "Journée de la jupe" est programmée pour jeudi dans son établissement, l'institut privé secondaire, supérieur et agricole (Ipssa) d'Etrelles à une quarantaine de km à l'est de Rennes.


L'idée a déjà fait des émules en Ille-et-Vilaine: le lycée public de Saint-Aubin-du-Cormier prend le relais vendredi, tandis que l'opération a fait ses preuves jeudi dernier à quelques kilomètres de là dans les Ipssa de Vitré et de La Guerche. Quelques garçons s'y sont même mis.
Environ la moitié des filles avait troqué le pantalon pour la jupe à La Guerche et un tiers à Vitré, alors que les volants se comptent habituellement sur les doigts de la main dans ces deux établissements.


"C'est beau une fille en jupe. C'est vraiment bête de leur faire des remarques. C'est galère pour elles", lancent à l'unisson les garçons de 1ère d'Etrelles qui travaillent depuis plusieurs semaines sur le projet.






"L'idée est née lors d'ateliers sur la sexualité, au cours desquels les filles ont expliqué qu'il était impensable de mettre une jupe", explique Thomas Guiheneuc, de l'association Liberté Couleur qui encadre l'opération.


Les organisateurs de la Journée espèrent convaincre des établissements plus urbains.
Car les préjugés de type "jupe égale fille facile" ne sont pas propres aux lycées de campagne, assure M. Guiheneuc qui a travaillé depuis six ans avec plusieurs établissements de Rennes.

"La jupe est un symbole. La journée de la jupe, c'est l'occasion d'instaurer une discussion avec et entre les adolescents dont le vocabulaire est de plus en plus cru et influencé par le porno et qui ne se rendent pas compte à quel point ils blessent", explique M. Guiheneuc.


Le problème ne se limite pas aux sections où les garçons sont majoritaires. "Les filles sont très dures entre elles. Elles se traitent souvent de prostituées", relève Monique Vivien, directrice de l'Ipssa de La Guerche.


Mais la peur des insultes ne suffit pas à expliquer que la jupe ait déserté les salles de classe.


"C'est aussi une question de mode, de confort ou de complexes", rappelle une professeur, observant que les jeunes filles sont beaucoup moins hésitantes sur les décolletés, plus à la mode.


Gardant en mémoire la bataille menée par les femmes il y a quelque quarante ans pour avoir le droit de porter un pantalon, certaines enseignantes ne cachent pas qu'elles auraient préféré un autre vêtement que la jupe pour symbole.


Source : AFP (21/03/2006)


et en 2007 :
http://printempsdelajupe.com/index.php





"La journée de la jupe" c'est aussi le film émouvant et intelligent d'Isabelle Adjani, courageuse et qui s'engage : "Je suis très fière d’être en jupe devant vous ce soir. Fière car cette jupe est un manifeste qui, plus que jamais, doit être porté. Cette jupe, c’est celle que portent des milliers de jeunes filles et de femmes..."

dimanche 8 janvier 2012

Jeux de jambes et de jupes

La tradition veut que la femme couvre ses jambes, serre les cuisses plutôt qu'elle les écarte. Le jeu avec le bord inférieur de la jupe et celui des jambes qui se croisent et se décroisent est devenu un comportement de coquetterie par excellence.

Pour cela la jupe doit être d'une longueur qui lui permet de glisser progressivement au-dessus des genoux. Il s'agit alors de tirer sur la jupe pour recouvrir les genoux et ainsi de suite: je montre et je cache, puis je remonte et je recouvre. Les deux signaux attirent l'attention masculine.


dimanche 27 décembre 2009

Tenue idéale de la jeune fille ?


"Jupe et culotte blanche"
Sandrine




"Jupe courte et culotte blanche, parce que le blanc, c'est l'innocence."
Sweety



"Chemisier transparent, petite jupe plissée, culotte blanche et seyante. Et pourquoi pas bas et porte jaretelle, mais la c'est un peu abuser !"
Melusine


Conduite indécente

Sophie, 30 ans, s'estimant négligée par son mari trop occupé, va entreprendre de le reconquérir en titillant sa jalousie.


Ce troisième jour de vacances, Alain et Sophie s'installèrent à la terrasse du Café de la Plage. Comme d'habitude, Alain se plonge dans son journal. Sophie, en jupe courte, silencieuse et souriante, croise, décroise et écarte légèrement les jambes, attirant le regard des passants.



Monsieur, intrigué par le silence de sa femme, finit par s'en apercevoir. Surpris, il lui demande de faire attention : "Des hommes peuvent te regarder."
Elle ne répond pas , mais continue son manège.
Alain se fait plus insistant : "Qu'est ce qui te prend ma chérie ? Ca ne va pas !?"
Elle le regarde un instant, puis recommence de plus belle, se découvrant même plus ostensiblement.


Le mari est maintenant franchement gêné. Il lui lance en chuchotant : "Sophie, veux-tu cesser immédiatement ce manège !". Pour toute réponse, un regard de défi…et une nouvelle provocation.
Toujours aussi gêné, Alain est maintenant visiblement irrité : "Sophie, je t'ordonne d'arrêter immédiatement !".
Long sourire de défi, et cuisses se dévoilant de nouveau. "Sophie, on s'en va !"
"Pourquoi mon chéri ? On est bien ici. Il y a plein de monde, c'est agréable." Et de continuer de plus belle ses jeux de jambes.


Les consommateurs des tables voisines les regardent maintenant. Certains passants semblent bizarement chercher leur chemin.


Comble de malchance, Alain n'a aucune monnaie, et le serveur ne vient pas. Bouillant de colère rentrée, il laisse royalement son billet de 20 euros, saisit sa femme par la main et bat en retraite d'un pas pressé vers leur voiture garée non loin. Durant le trajet de retour aucun mot n'est échangé. Alain ronge son frein, s'efforçant de garder son calme. Sophie, à peine confuse, le titille en silence.







Arrivés à la maison, Alain, la tenant par le bras, l'entraine vers la chambre en la sermonnant vertement :


"Tu devrais avoir honte. T'amuser, devant moi ! à attirer le regard des hommes. Risquer de montrer ta culotte en public !!! Tu vas le regretter amèrement !"

"Excuse-moi mon chéri ! Je me suis conduite comme une sotte. Mais j’ai quand même fais attention, je te promet que personne n'a vu ma culotte ! "


"En fait je voulais juste que tu me regardes, que tu t'occupes de moi." Lui ajouta-t-elle, timidement.
"Pour ça je vais m'occuper de toi ! Et de tes fesses en particulier ! Fais moi confiance tu vas les sentir !"


Sophie, se rendant soudain compte de ce qui l'attend, tente alors désespérément de négocier un répit de quelques minutes avant sa fessée :


"Mon chéri tu me fais peur, tu es trop en colère ! Je t'en prie, assis-toi cinq minutes sur le canapé et prend-toi en verre. Après je viendrai moi-même m'allonger sur tes genoux et tu me puniras comme tu l'entends. Je t'en supplie !"


Mais Alain, les nerfs à fleurs de peau, ne veut rien entendre, s'assoit sur le lit, couche sa jeune femme sur ses genoux, la trousse prestement, et ...


!!!


“Pardon mon chéri ! ...”


... découvre avec horreur ...


!!!!!



“Je ne recommencerai plus ! ...”


... qu’elle ne portait pas de culotte.


!!!!!!!



“Je te le promet ! Pardon ! Pardon !”

Et la pauvre Sophie passa alors ...


... un très, très mauvais quart d'heure.




Le corset invisible


En avant première du prochain ouvrage de Pierre Bourdieu (La domination masculine, Seuil), travaux pratiques avec le sociologue. En partant chaque semaine d'un objet, d'un personnage, d'une situation très ordinaire, pour comprendre la subtilité sociale des rapports entre les hommes et les femmes.

Aujourd'hui, troisième épisode : la jupe. Ou comment un rectangle de tissu que personne n'aurait l'idée de remettre en question induit l'entrave des corps et le souci du paraître, d'autant plus puissants qu'ils se transmettent, comme tous les codes de bonnes conduite, de mère en fille.
Autant de contraintes intégrées dont on ne se libère pas si facilement. Et l’on continue de tirer sur nos jupes et de marcher à petites enjambées, même en jean et en souliers plats...



Télérama : A quoi sert la jupe ?

Pierre Bourdieu : C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre, sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes...



La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courrir...



La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou...) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature.

TRA : La jupe, c’est aussi un cache-sexe ?

PB : Oui, mais c’est secondaire. Le contrôle est beaucoup plus profond et plus subtil. La jupe, ça montre plus qu’un pantalon, et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes).



On a déjà glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple : ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus qu’elle ne doit montrer.



TRA : Vous évoquez une femme disant “Ma mère ne m’a jamais dit de ne pas me tenir jambes écartées” ; et pourtant elle savait bien que ce n’est pas convenable “pour une fille”. Comment se reproduisent les dispositions corporelles ?



PB : Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécesairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. .../...

extraits d’un article de Catherine Portevin - TELERAMA du 5 aout 1998


Porter la culotte ?

"Porter la culotte", ou la jupe ?


L'expression "porter la culotte" signifie : commander dans le couple ; la culotte symbolisant l'homme (l'autorité et la virilité) et la jupe la femme (la soumission et la féminité).






Elle s'emploit généralement pour décrire des situations anormales où la hiérarchie naturelle du couple n'est plus respectée :
"Dans le ménage, c'était le mari qui portait les jupes et la femme les culottes" (Proust).
Il convient que les conjoints s'attachent à éviter une telle abomination dans leur foyer et y fasse au contraire fleurir “l'ordre conjugal”. Les symboles et rituels étant souvent de bon secours, il conviendra que l'épouse, au moins devant son mari, porte la jupe, dans tous les sens du terme.






Tout peut d'ailleurs être symbole en ce domaine.


Ainsi, dans le mariage, la femme n'est pas dépourvue de droits et de dignité : elle assure, conjointement avec son mari, la direction matérielle et morale de la famille. Elle portera donc elle aussi une culotte... sous sa jupe bien sûr : la "petite culotte" (blanche, bien sûr). Culotte que la décence lui interdit bien sûr d'exhiber en public.





Ceci dit, même dans l'intimité, une certaine pudeur, qui n'exclut en rien la sensualité (bien au contraire), et une certaine retenue, seront généralement des qualités appréciées par l'homme.




Cependant, "sur l'oreiller", et bien sûr en restant féminine, même si elle est en colère (et en évitant à tout prix de sombrer dans la vulgarité), elle pourra lui adresser des remontrances.

A l'inverse, quand un homme doit donner une fessée à sa compagne, il la trousse et la déculotte, dans un geste autant pratique que symbolique.





Ainsi le port de la jupe par la femme n'est pas un détail sans importance, mais une attitude riche de significations.


Que les femmes sachent que leur amour et leur vertu s'expriment aussi par là.


Que leurs maris ou compagnons sachent apprécier cet emblème à sa juste valeur ! Qu'ils sachent le cas échéant, toujours avec tendresse, faire preuve de persuasion.



Moment de grâce

LE PLUS JOLI MYSTERE DE L'ANNEE


Le temps qu’il fera dimanche, les tendances de cet automne et le montant de nos retraites, ils veulent tout nous annoncer. Tout prévoir. Tout formater. Des courbes, des chiffres, des statistiques et des bilans. Il faut tout ranger, tout caser. Que rien ne dépasse. Les étiquettes et les tiroirs ont remplacé le hasard et la providence. On réfléchit avant d’aimer. On calcule avant de faire un enfant et on s’offre une étude de marché avnt de réaliser son rêve. Il y a des gens qui sont payés pourça, qui fabriquent des satellites et qui font des audits. On nous a recensés et on nous disséquera. Est-ce que l’Insee, l’Ifri, le CAC et toutes ces initiales qui nous gouvernent savent vraiment tout de nous ? De nos vies ? De nos espérances ?


Numéro de carte de Sécu, de téléphone, classe socioprofessionnelle, place de parking et montant à déclarer... Ca nous colle à la peau tout ça. Ca nous plombe. Il faudrait pouvoir s’ébrouer. Il faudrait pouvoir avancer en pensant à ces vers de Rimbaud : “Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées...” On en est loin pas vrai ? On en est loin. Tout à l’heure encore, on consultera nos messageries de portable et on jettera un coup d’oeil distrait à la carte du ciel.


Pourtant, il y a une chose qu’il ne prévoiront jamais. Jamais. Un truc qui résiste. Un truc têtu. Un truc magnifique.



C’est le plus joli mystère de l’année : un jour, à Paris, les filles sont en jupe. Vous vous levez un matin. Un matin comme les autres. Vous descendez dans la rue, vous ne le remarquez pas tout de suite et pourtant c’est dans l’air. Quelque chose a changé. Ce jour là, même les chauffeurs de taxi et les garçons de café sont aimables. Ce jour-là, les filles sont en jupe. Ce jour-là, il fait beau. Hier, elles étaient en pantalon, demain, elles les remettront, mais, aujourd’hui, elles sont en jupe. Pourquoi ? Comment ? Quant ont-elles eu le temps de s’épiler ? Comment pouvaient-elles le savoir ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi toutes les filles ? Pourquoi ce cadeau ? C’est le plus joli mystère de l’année.


Anna Gavalda (Télérama, Annachronique du 03/05/2000)